ROCKS PROGRESSIFS ET PSYCHEDELIQUES 70'S

ROCKS PROGRESSIFS ET PSYCHEDELIQUES 70'S

mercredi 4 novembre 2026

PROSPER

 




BROKEN DOOR
1975
GERMANY

MUSICIENS :
Evert Brettschneider - electric & acoustic guitars
Fritz Fey - electric & acoustic guitars, vocals
Ernst Müller - Fender Rhodes, Mellotron, Mini-Moog, electronics
Matthias Geisen - bass
Friedhelm Misiejuk - drums, percussion

TITRES :
1. Beginning
2. Burning in the Sun
3. Broken Door
4. Dance of an Angel
5. Your Country (5:40)
6. Birds of Passage
7. Master's inspiration
8. Where the Sun touches the Water
La musique est principalement une fusion de krautrock et de jazz-rock, avec des touches de rock psychédélique-space rock et de rock progressif symphonique ou éclectique. 
Cet album propose des riffs et des progressions sombres et puissants, à la manière de King Crimson à l'époque de "Red" (1974), ainsi qu'un jazz fusion planant évoquant Mahavishnu Orchestra, avec des "vibes" présentes dans la plupart des morceaux et un jeu de guitare remarquable rappelant parfois John McLaughlin. 
On y retrouve également des sonorités proches de "From Books and Dreams" de Message (notamment les boucles spatiales de "Beginning") et du heavy jazz rock de "Dance of the Flames" de Guru Guru. 
Ces comparaisons ne rendent toutefois compte que d'une partie de la musique, car on y trouve d'autres styles que je ne saurais décrire, et Prosper possède un son bien à lui. 
D'autres références plus générales – Alcatraz, Morpheus, Moira, Gomorha, Dennis, Et Cetera (Birds of Passage), Return to Forever… –
sont présentes. 
Chaque morceau possède un style différent, ce qui fonctionne à merveille sur l'album. Les titres instrumentaux planants, sombres et progressifs ("Dance of an Angel", "Beginning" et "Where the Sun Touches the Water") alternent avec des morceaux plus mélodiques et chantés comme "Burning in the Sun" et "Your Country", ainsi qu'avec le titre instrumental jazzy et intimiste "Birds of Passage". "Broken Door"  mêle quant à elle ces deux styles. 
Tous les morceaux sont excellents, à l'exception de "Birds of Passage" et "Your Country" qui, bien que toujours très bons, se démarquent moins. Ils offrent néanmoins, à mon sens, des contrastes stylistiques bienvenus, apportant espace, énergie et profondeur à l'album. 

Difficile de décrire précisément ce que j'aime dans cet album… Il regorge de superbes mélodies, possède un charme singulier, une orchestration remarquable, un jeu jazzy savoureux, une écriture subtile, une structure d'une ampleur psychédélique et une grande variété de morceaux. Quel dommage que ce groupe n'ait sorti qu'un seul album studio ! C'est un classique du krautrock et du jazz-rock/fusion qui mérite une bien plus grande reconnaissance.
A écouter, Absolument!
(acidhappy)

mythos


EELA CRAIG

 




EELA CRAIG
1971
AUSTRIA

MUSICIENS :
Horst Waber - drums
Harald Zuschrader - organ, flute, guitar, sax
Hubert Bognermayer - keyboards
Gerhard English - bass
Heinz Gerstenmair - guitar, organ, vocals
Will Orthofer - vocals, sax

TITRES :
1. New born Child
2. Selfmade Trip
3. A New Way
4. Indra Elegy
5. Irminsul
6. Yggdrasil
7. Stories
8. Cheese
EELA CRAIG (un nom inventé) est l'un des groupes les plus connus de la scène prog autrichienne des années 70 (bien moins développée que celle de l'Allemagne voisine). Formé en 1970 à Linz, le groupe a sorti plusieurs albums marquants dans les années 70 et 80. 
Leur premier album éponyme, paru en 1971, quatre ans avant leur virage vers un style plus grand public, a marqué les esprits. 
Si EELA CRAIG était surtout réputé pour son prog symphonique, ce premier opus, avec une formation profondément remaniée, proposait un mélange original de rock psychédélique et progressif, mêlant musique classique, électronique, jazz et blues.
Pionnier du prog, le groupe a été comparé à ELP (avec son album "Tarkus "), King Crimson, Out Of Focus et Colosseum, mais a finalement trouvé sa place à mi-chemin entre ces différents styles.
 Stylistiquement, ce premier album propose un son rock puissant, dominé par l'orgue, évoquant souvent une version plus jazz de Deep Purple, avec de nombreuses touches folk à la flûte rappelant des groupes anglais comme Gracious ou Beggars Opera, le tout dans un rock psychédélique aux tempos plus lents et apaisés, un peu à la manière de l'atmosphère détachée de « Riders On The Storm » des Doors. 
On y trouve aussi des moments d'expérimentation psychédélique débridée, avec des techniques de production plus proches des années 60 que de la scène prog des années 70, faisant de ce premier album une de ces œuvres de transition où le rock psychédélique se muait en prog. (siLLy-puPPy)

mythos